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Les ambitions d’Arbalète G.David

Info_logo« Nous avons une histoire et un savoir faire à défendre. Mais aujourd’hui, il faut que l’on s’ouvre sur le monde ». Pierre-Edouard Morin le reconnaît ouvertement. L’international va désormais être l’un des chevaux de la bataille de la société Arbalète G.David. Pour le jeune directeur adjoint de cette entreprise de couteau établie à Saint-Rémy-sur-Durolle, l’heure est à la réorganisation de la politique commerciale, ainsi qu’à une révision de la gamme tout entière. Vaste tâche, quand l’on sait que ce spécialiste possède plus de 800 modèles en catalogue.

Au total, plus de 100.000 couteaux estampillés « Arbalète G.David » sortent tous les ans des ateliers de la société, dirigée par Michèle David, représentant la 4ème génération de couteliers aux commandes de l’entreprise. A ce jour, 85% de la production s’écoule sur le marché français et 15% va à l’international, notamment l’Allemagne. Une proportion qui devrait certainement s’infléchir au cours des prochaines années.

Reste qu’à l’heure de la mondialisation et de la concurrence aiguisée des produits « made in China », il faut bien faire face. D’ailleurs, Pierre-Edouard Morin entend tordre le cou à certaines idées reçues…

« Le Laguiole n’est pas une marque. C’est un modèle de couteau. Environ 190 marques de Laguiole sont enregistrées à l’IPI (Institut de la propriété industrielle). Entre les modèles qui viennent d’Asie, de Thiers ou de Laguiole, les gens n’y comprenent plus rien », déplore le directeur adjoint, avant de pointer du doigt la médiocre qualité des produits venus d’Asie. Pour qu’un acier soit dit « alimentaire », il faut au moins 13% de chrome ce qui, selon les responsables d’Arbalète G.David, ne semble pas être toujours le cas des couteaux issus de Chine ou de Pakistan. 

Car à Saint-Rémy, on s’enorgueillit de faire un produit « 100% maison », et l’on mise délibérement sur la qualité en s’appuyant sur un sacro-saint triptyque: « Savoir-faire, excellence, confiance ».

De véritables oeuvres d’art

Sur le Laguiole par exemple, la société travaille depuis les années 60 avec la famille créatrice de ce modèle emblématique. Ce couteau, où l’entreprise a forgé sa réputation, constitue d’ailleurs 85% de la production globale. Il est ici décliné sous mille et une facettes par les quelque 55 colaborateurs de l’enseigne, représentant tous les corps de métiers. Certains modèles dits « trois pièces » demandent jusqu’à 178 « rangs » (étapes dans le jargon) avant d’être achevés!

Si les couteaux fermants et ceux des arts de la table se taillent la part du lion, ceux de la catégorie sport loisirs ne sont pas à négliger. Il s’agit en effet d’une niche très prisée des spécialistes où l’on retrouve pêle-mêle les couteaux de chasse, dagues, poignards, ouvre-lettres et autres Laguiole pêcheur, cabalier ou randonneur… Certains modèles, au manche en ivoire sculpté, sont de véritables oeuvres d’art.

« Les 15% restant sont des couteaux dits régionaux comme l’Aurillac, le Pastoureau, une marque déposée par la société et, bien sur, Le Thiers. Pour ce dernier, nous travaillons à plusieurs avec une association qui entend défendre le « couté de thié », dont la fabrication reste soumise aux régles spécifiques d’une jurande datant de 1582″, souligne Pierre-edouard Morin.

Avec 21M euros de chiffre d’affaires, l’entreprise réalise certes un indéniable travail industriel mais avec une forte touche artisanale. Une vraie valeur ajoutée qu’elle entend bien conserver.

Jean-Paul BOITHIAS

Article Info magazine

www.yakinfo.com